• 2014 s'achève

    d'une façon très sombre et désespérante dans la violence, l'intolérance meurtrière, et ce sur un fond de pauvreté croissante...

         Quant à la Grèce, malgré les rodomontades du Premier Ministre et les annonces d'une fin de "crise", le tableau qu'elle offre n'est pas rassurant : toujours dans l'impasse économique, sociale et politique. L'évasion fiscale n'est guère jugulée mais pour le commun des mortels, les pressions fiscales vont bon train, sans cesse renouvelées et exigées par la Troïka.

          Et donc, la grande partie de la population continue à  "casquer dur"...

    Caricature parue dans le journal Ethnos du 24.12.2014 : crèche nouveau style !

    2014 s'achève

         Jésus nouveau-né dans le berceau, le ministre de l'Economie, Hardhouvelis accueille les trois "mages" déposant à ses pieds leur fardeau. De gauche à droite : Impôt-circulation-"vignette", impôts fonciers et impôt sur le revenu.

         "Vous, n'avez pas l'air de mages !", "mais si vous ne l'êtes pas, où vous trouvez tout cet argent que vous apportez ?"

    **********

        Le sujet n'est guère "festif", mais c'est l'actualité - à enjeu fort - de décembre : l'élection du Président de la Démocratie Hellénique.  Petit mot donc sur cette élection et  je compte sur Thalétas pour rectifier mes propos, si besoin est et apporter des précisions.

        Les modalités d'élection et les pouvoirs du Président ont été définis dans la Constitution de 1975. Il est le chef de l'exécutif et nomme le Premier Ministre, il signe les lois et les traités, dispose du droit de grâce, peut révoquer le gouvernement, signer des ordonnances ayant force de lois (si le Parlement les ratifie dans les 40 jours qui suivent leur promulgation), mais depuis les modifications de 1996, il ne peut plus dissoudre le Parlement, ni décider de l'état de siège ni d'un référendum. Il est élu pour 5 ans et rééligible une seule fois. Son rôle est donc limité, d'autant plus qu'il n'est pas élu au suffrage universel, mais par les députés (une seule Assemblée).

         Le déroulement de l'élection est particulier : pour être élu au 1er ou au 2ème tour, le candidat (qu'il soit seul ou qu'il ait un adversaire) doit obtenir les 2/3 des voix, soit 200 voix et au 3ème et dernier tour, 180 voix. S'il n'y a pas de président élu, faute des 180 voix, le Parlement doit être  dissous dans les 10 jours suivants et 21 jours après la dissolution, les électeurs seront appelés aux urnes pour élire un nouveau Parlement, lequel aura pour premier devoir, celui d'élire un Président de la Démocratie, qui sera élu s'il obtient au premier tour 180 voix ou au 2ème tour, la majorité absolue+1, soit 151 voix, ou au 3 ème tour le plus de voix, ou simplement des voix, s'il n'y a qu'un seul candidat. Dans ce dernier cas le président peut être élu avec très peu de voix.

        Le scrutin n'est plus à vote secret, mais se fait à haute voix : ou le député donne le nom du candidat de son choix, ou il se contente de dire : Présent / Παρών.

        Vu ces particularités, ont généralement été élues des personnalités consensuelles (comme on dit), capables de faire l'arbitre.

        Si j'ai bien compris, c'est le Premier Ministre Antonis Samaras qui a avancé l'élection présidentielle (avec l'aval du Parlement, je suppose) - le mandat du Président actuel Carolos Papoulias (gauche) s'achevant fin février. Le candidat proposé par la droite, seul candidat, est Stavros Dimas, ancien commissaire européen à l'environnement, fortement recommandé et soutenu par Bruxelles. Mais la coalition gouvernementale Nea Dimocratia et PASOK n'ont à eux deux que 155 voix...

        Ce sont donc des élections à haut risque pour Samaras (risque qu'il a pris) et on comprend tout l'enjeu pour la Gauche radicale d'Alexis Tsipras, puisque pas de président élu, ce sont obligatoirement des élections législatives anticipées avec l'espoir, cette fois-ci, de l'emporter et de prendre le pouvoir. Et la droite qui s'en scandalise à grands cris, joue elle-même avec les dispositions de la loi électorale pour garder le pouvoir, alors que pour les uns comme pour les autres, le bon sens (les hommes politiques en ont-ils ?) commanderait de se mettre d'accord sur un candidat qui serait "au-dessus des partis",  au lieu de s'égarer dans ces jeux pervers qui nuisent à l'intérêt général.

        Encore un autre point noir dans cette élection : Aube dorée au Parlement. Stavros Dimasa affirmé qu'il n'accepterait pas d'être élu avec des voix du parti néo-nazi...

         Le 3ème tour aura lieu le lundi 29 décembre... 

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    Le mot de la fin

    "τὸν ἄρχοντα τριῶν δεῖ μεμνῆσθαι· πρῶτον μὲν ὅτι ἀνθρώπων ἄρχει, δεύτερον ὅτι κατὰ νόμους ἄρχει, τρίτον ὅτι οὐκ ἀεὶ ἄρχει." Cité par Stobée.

     [Agathon* dit que] le gouvernant doit avoir en mémoire trois choses : un, qu'il gouverne des hommes, deux, qu'il gouverne selon des lois, trois qu'il ne détient pas le gouvernement pour toujours.

    *Agathon, auteur tragique (448 - 400), ami d'Euripide, de Platon et de Socrate, et personnage du Banquet de Platon.

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