• 24 juillet 2014 : il y a 40 ans...

     

    Avec un peu de retard...

    Le 24 juillet est la date officielle de la célébration de la chute de la dictature des colonels en juillet 1974. *

    Pour commémorer le "retour à la normale", ce que les Grecs appellent Μεταπολίτευση / Metqpolitefsi, un concert a été organisé sur la Pnyx, là où, dans l'Athènes antique, se tenait l'assemblée du peuple / εκκλησία / ekklisia **. La colline où  se trouve la Pnyx fait face au côté Ouest de l'Acropole (Propylées) et surplombe l'Agora antique (place publique et centre politique). 

    C'était la 1ère fois depuis la fermeture brutale d'ERT (radio et TV nationales) en juin 2013 que se produisait l'Orchestre du nouvel organisme de l'audiovisuel NERIT. Au programme : des œuvres de Villa-Lobos,  Piazzola, Shostakovitch, Khatchaturian  et du compositeur grec Skalkotas, sous la direction de Dimitris Borinis. Le premier ministre Samars y assistait.

     

    24 juillet 2014 : il y a 40 ans...

    Photo NERIT

    * Chute des colonels

    Il y a bien une opposition interne  à la junte des colonels (cf. la révolte des étudiants de l'école Polytechnique d'Athènes en novembre 1973), mais elle n'est pas suffisamment structurée et unie, pour pouvoir faire tomber le régime, soutenu - il ne faut pas l'oublier - par la CIA... Ce sont les erreurs de la junte qui causeront sa perte, et précisément ses initiatives intempestives dans la question chypriote.

    Pour la Turquie, les USA et la Grèce des colonels, l'archevêque-ethnarque  Makarios est l'homme à abattre : la 1ère veut la partition de l'île, les seconds veulent se débarrasser d'un ennemi potentiel d'Israël, qui fraye avec les non-alignés et les communistes chypriotes, et la 3ème veut le rattachement de l'île à la Grèce et donc éliminer Makarios, ce que les colonels ont essayé de faire, à plusieurs reprises, sans succès... Un nouveau plan est mis en place en juillet  1974 : assassiner Makarios et proclamer le rattachement. Nouvel échec : les colonels sont priés de "dégager", et le 24 juillet, à l'instigation des conservateurs grecs, du Royaume-Uni et des USA, Caramanlis (qui était à Paris depuis 1963) fait un retour triomphal à Athènes, dans l'avion de Giscard.

    La grande victorieuse de cette affaire sera la Turquie (opération Attila et Attila II) qui profite de la situation pour débarquer à Chypre, imposer en quelques jours la partition et se livrer vite fait au "nettoyage ethnique" de la partie envahie. Les USA ne bougent pas, et quand l'ONU condamne, tout est fini... Il n'y aura de retour en arrière : Nicosie est toujours coupée en deux, et la question chypriote est toujours pendante...

    Pour en savoir plus : La Grèce depuis 1940 de Joëlle Dalègre Ed. L'Harmattan 2006, et dans le Dictionnaire insolite, les articles : Chypre, Colonels, Metapolitefsi

     

    ** ekklisia/ εκκλησία :

    ce terme est formé sur le radical du verbe qui signifie appeler, faire venir par convocation. Chez Homère, c'est l'assemblée des guerriers, et dans l'Athènes démocratique, l'assemblée des citoyens, puis, postérieurement l'assemblée de fidèles et le lieu de cette assemblée, d'où : église, ecclésiastique qui est le décalque du grec.

    M.R.

     

    Partager via Gmail Yahoo!

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :