•       Au cours des fouilles, 7 blocs de marbre formant partie d'un entablement avaient été trouvés derrière le mur aux Cariatides, dans l'amoncellement de terre sous lequel se trouvait la mosaïque. Ces  blocs de marbre 80 cm de long et 15cm de hauteur ont immédiatement été mis en sécurité au Musée d'Amphipolis pour examen, car des traces de couleur avaient été repérées.

          De quel entablement s'agit-il ? Le communiqué du Ministère de la Culture et du Sport manque de clarté et de précision... Ne serait-ce pas plutôt une frise au-dessus d'un entablement?...  Espérons que lors de sa communication samedi 6 décembre 2014 à Paris ( ENS Ulm 15h), Katerina Peristeri fournira plus de détails qu'elle n'en a donnés à Athènes... Elle est en effet invitée par la Société Française d'Archéologie Classique à faire une communication sur les fouilles de la tombe Kasta (2012-2014) et le lion d'Amphipolis.

           Des peintures donc, encore peu lisibles pour le moment : autant la mosaïque résiste au temps, autant la peinture, elle, est fragile, surtout quand elle a été  recouverte de terre. Sur le bloc de marbre qui est en ce moment en cours de restauration, on peut d'ores et déjà, voir une scène encore difficile à identifier de façon sûre.

     

    Amphipolis : peintures

        

         Néanmoins, on devine, au centre, un animal, un taureau vraisemblablement, à gauche une figure masculine, à droite une femme, et des traces  de couleur : il semblerait que la femme tienne une hydrie, et l'homme également.

     

    Amphipolis : peintures

         De chaque côté de ces personnages se tiennent des figures féminines ailées, dont l'une, à droite, semble se diriger vers un trépied sur lequel repose un chaudron / λέβητα : à gauche une amphore  et en haut une frise ionique "ondulatoire". 

         Une hypothèse d'interprétation : l'homme serait un athlète que couronneraient une ou plusieurs Victoires (Nikês) et le prix de sa victoire serait, présent classique et confirmé, un trépied et le "lébès". Quant au taureau, il est probablement destiné au sacrifice, mais dans la Thessalie toute proche de la Macédoine et ailleurs, sont attestés des combats contre des taureaux, et plus spécialement des prises de taureaux sauvages qui sont l'occasion pour les participants de se livrer à des exercices d'acrobatie et de voltige. Il faut attendre encore un peu pour en savoir plus sur cette scène.

    M.R.

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  • Ci-dessous la photo du squelette prise par Katerina Peristeri sur son portable lors de sa découverte. 

    Amphipolis : le squelette

    L'examen scientifique du squelette  devrait commencer dans les jours qui viennent

        Chaque nouvelle trouvaille fait surgir de nouvelles interrogations en plus de la taraudante question : qui est-ce ? Est-ce le seul squelette ou y en a-t-il d'autres, et éventuellement d'autres tombeaux ou chambres funéraires sous ce tertre immense ? L'auscultation du tertre au laser est en cours.

         Il semblerait que la tombe fouillée ait été, à l'origine, ouverte et visitable tout au moins jusque la chambre funéraire. Ce serait à l'époque romaine et après la violation et pillages qu'auraient été construits devant la porte aux Sphinges et devant la porte aux Cariatides des murs les obturant, et c'est par les trous visibles dans le haut de ces murs qu'auraient déversées les masses de terre sablonneuses, lesquelles ne viendraient donc pas du Strymon comme il avait été dit.

          Dans une région qui n'a pas de marbre, l'enceinte, comme la base du lion constituaient dans la dernière période de l'empire romain une "carrière" extraordinaire ! La totalité du marbre utilisé dans la tombe Kasta vient de l'île de Thasos. 

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  •    

    29.11.2014 Conférence à Athènes au Ministère de la Culture

    Amphipolis : le paysage (TA NEA) 

         C'est devant un parterre d'archéologues, conservateurs, membres de l'équipe des fouilles et journalistes que Katerina Peristeri a fait son exposé  à Athènes, dans l'amphithéâtre du Ministère de la Culture et du Sport : "Fouilles du monument funéraire Kasta-Amphipolis  2012-2014", suivi de celui de l'architecte Michalis Lefantzis : "Lien entre le lion et la tombe d'Amphipolis : construction et architecture", puis de celui de l'ingénieur civil Dimitris Egglezos : "Le rôle de l'ingénierie civile dans la découverte du monument funéraire Kasta : présentation des travaux de soutènement provisoire et analyses concernant l'interprétation et la vérification."

           Résumé des exposés :

         Amphipolis est un site archéologique très important : les fouilles ont commencé dans la décennie 1950, sous la direction du grand archéologue Lazaridis, et on y a trouvé des tombeaux de l'époque du fer et de l'époque archaïque. La localisation de l'enceinte date de 2010 et c'est en 2012 qu'une petite équipe s'est passionnée pour ce lieu abandonné depuis des années et des années, ne pensant pas qu'il aurait beaucoup de choses à y découvrir... Mais c'est cette année seulement que l'entrée en a été repérée.

        Comme on pouvait s'y attendre, aucune révélation sur l'identité du destinataire n'a été faite, le squelette n'ayant pas encore été scientifiquement examiné. Néanmoins, une photo du transport des ossements enveloppés de la terre où ils gisaient a été montrée, mais apparemment non diffusée, et des détails ont été donnés. Le squelette a été trouvé démantelé en plusieurs morceaux mais il a pu être reconstitué à presque 100%. Le crâne, par exemple, se trouvait en dehors de la fosse, mais la mâchoire inférieure à l'intérieur. Les os des bras, des jambes et de la colonne vertébrale n'étaient pas dispersés, tandis que le bassin qui seul pouvait, à la vue, "dire" le sexe, était, si on peut dire, démembré.

        L'archéologue en chef a également révélé que l'on avait trouvé de la céramique (vernis noir) datant du IVème siècle av. J.-C. de même que des monnaies représentant Alexandre III (Alexandre Le Grand) datées du 2ème av. J.-C., i.e. de l'époque des derniers rois macédoniens. Elle a ajouté qu'il y a un tel  matériel en céramique qu'ils ne savent pas encore de quoi précisément ils disposent.

        On a trouvé aussi un contrepoids, des cales pour une grue d'époque romaine, ce qui prouve que les Romains ont utilisé toute une machinerie pour prendre arracher les blocs de marbre et les transporter en vue d'une réutilisation, ce qui est confirmé par les traces d'une rampe, machinerie qui, apparemment, a été utilisée à plusieurs reprises, jusqu'aux Vème et VIème siècles de notre ère. Il y a très certainement encore beaucoup de blocs de marbre (enceinte et lion) au fond du lac Kerkini.

         Quant à la Cariatide de droite au visage mutilé, c'est une poutre, laquelle se trouvait dans les masses de terre qui, au moment de l'avancée dans le tombeau, est tombée sur elle. La mosaïque, elle, devrait être restituée dans son intégralité : ce serait en bonne voie.

          Comme elle l'avait dit au début des travaux, Katerina Peristeri a réaffirmé qu'un tombeau de cette taille et de plus couronné par un lion, ne pouvait être que celui d'un chef militaire.

    *************

    Traduction libre des articles de TA NEA et de Kathimerini : les communications faites seront peut-être mises en ligne sur le site du Ministère de la Culture et du Sport. M.R.

     

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  •      Le lac Kerkini est un lieu humide (hydrotope) exceptionnel, résultat d'un barrage dont la construction, entre 1928 et 1932, avait été confiée à la compagnie américaine Monks-Ulen. Le barrage était destiné en premier lieu à réguler le cours du Strymon lorsque ce dernier, descendant de Bulgarie chargé d'eaux,  arrive dans les régions marécageuses de son delta.

         Ce barrage a donc permis l'assèchement de ces régions et en a éradiqué la malaria. Il a aussi transformé ces marais en terres agricoles riches, grâce à une irrigation maîtrisée. Les très nombreuses familles d'Asie Mineure arrivées dans cette région suite à la Grande Catastrophe de 1922 et à l'échange des populations, - 85000 réfugiés - ont pu rester et s'y installer durablement.

         Le barrage a été agrandi et surélevé en 1936, toujours par la même compagnie américaine qui s'est servi des blocs de pierre qu'elle trouvait sur place, en particulier aux alentours de l'emplacement actuel du Lion, à savoir les blocs de marbre antiques...

        Il y a quelques jours, le niveau des eaux du lac a beaucoup baissé découvrant ainsi au moins 500 blocs de marbre taillés dont plus d'une centaine proviennent de l'enceinte de la tombe Kasta !

     

     

    Amphipolis : lac artificiel Kerkini

       

    Amphipolis : lac artificiel Kerkini 

     

        Dans l'Antiquité, le Strymon comme les autres fleuves, petits et grands de Grèce et d'Asie Mineure, étaient vénérés comme des divinités, apportant fertilité mais aussi, en période de crues, des catastrophes.

         Le poète Hésiode (VIIIème-VIIème av. J.-C.) dans la Théogonie (v. 337-339) mentionne ces dieux-fleuves, dont le Strymon,  nés de l'union de Téthys avec Okeanos (fils d'Ouranos et de Gaia) le grand fleuve qui entourait le monde :

    Τηθύςδ' Ώκεανω Ποταμούς τέκε δινήεντας, / Νεϊλόντ’ 'Αλφειόν τε και Ήριδανόν βαθυδίνην Στρυμόνα Μαίανδρόν τε καί Ίστρον...»

    "Téthys à Okeanos enfanta les fleuves tourbillonnants, - Nil, Alphée, Eridan aux tourbillons profonds, Strymon, Méandre, Istros" etc.

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  •      Le squelette trouvé le 12 novembre dans la troisième chambre ne fait, pour le moment, que rendre encore plus opaque l'énigme que pose le tombeau Kasta...

     

    Amphipolis : squelette et nouvelles questions !

    La tombe, avant son dégagement : on sait maintenant que les masses de terre et de sables n'ont pas été accumulées dans la tombe pour faire barrage aux pilleurs de tombes, comme il avait été dit au début des fouilles par Katerina Peristeri, mais ce sont le résultats d'infiltrations et d'inondations souterraines régulières du Strymon.

     

       C'est dans une tombe en tuf (3,23m de profondeur x 1,56 x 1m de profondeur mais 1,60m supposée) qu'a été trouvé un squelette : une moitié à l'intérieur du caveau de pierre, l'autre moitié à l'extérieur. Le bassin est endommagé, ce qui n'a donc pas permis d'en donner d'emblée le sexe, mais sa taille laisse penser qu'il s'agirait d'un homme, et selon K. Peristeri, d'un chef militaire qui aurait été héroïsé. Le défunt était dans un cercueil de bois dont il reste des débris, des clous et quelques décorations en os et verre : rien d'autre, le pillage a été bien mené !

     

    Amphipolis : squelette et nouvelles questions !

    Le cercueil se trouvait posé dans la cavité au fond de la tombe : 2,35 x 0,54m.

        On n' a trouvé dans le caveau aucun de ces objets qu'on appelle kterismata / κτερίσματα, objets traditionnellement déposés auprès et sur le corps, objets de valeur mais aussi des objets d'usage courant auxquels le défunt pouvait être attaché. Rien donc qui aurait facilité l'identification, laquelle reste donc encore énigmatique !

        Ce qui est très étonnant, c'est que le corps du défunt n'a pas été brûlé sur un bûcher funéraire, comme c'est la coutume pour les rois macédoniens, à l'exception d'Alexandre Le Grand... Nous savons en effet qu'Alexandre est mort à Babylone en -323, que son corps n'a pas été momifié mais mis dans un cercueil avec miel et cire, que le cortège funéraire s'est mis en route pour Alexandrie : mésaventures en chemin...  Autre histoire, et autre article (?) ...

     

    Amphipolis : squelette et nouvelles questions !

        Aucune photo du squelette n' a été publiée : il a été transporté, avec toutes les précautions indispensables, au musée d'Amphipolis pour un examen attentif. Il n'y aura pas de communication officielle sur ce sujet avant le 29 novembre, 13h,  où il est prévu que l'archéologue en chef des fouilles, K. Peristeri, fasse une communication devant un parterre d'archéologues dans l'amphithéâtre du Ministère de l'Education et du sport. Le Ministre de l'Education et du Sport, Mr Tasoulas, devrait néanmoins donner une interview le 22 novembre au Musée d'Amphipolis à 11h.

    M.R.

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