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    Amphipolis : travaux de protection avant l'hiver

    Très mauvais temps ces jours-ci dans la Grèce centrale et la Grèce du Nord : trombes d'eau...

     

         Les fouilles proprement dites sont arrêtées : il y a urgence, en effet,  à consolider et sauvegarder ce qui a été mis au jour, d'autant que les fouilles, selon certains commentateurs et certains archéologues, se sont faites en accéléré, non pas de façon scientifique, mais sur un mode de "violeurs de tombes".... L'utilisation de bulldozers pour dégager l'entrée a fragilisé dangereusement les voûtes. Ce n'est pas la 1ère fois, et pas seulement en Grèce, que l'archéologie est manipulée à des fins nationalistes et économiques : dans le cas présent cela détourne l'attention des problèmes intérieurs et nouvelles coupes qui se préparent, et cette découverte aurait des retombées économiques importantes, par l'exploitation touristique qui pourrait en être faite.

         Les travaux sont complexes : la pierre de construction de la voûte et du tombeau est un grès fragile et friable qui, sous l'effet de l'humidité peut se défaire très facilement. Le site est à protéger des pluies, très fréquentes et très violentes dans cette région, et également des crues du Strymon et des infiltrations souterraines, le site étant en effet au-dessous de son niveau. Jusque les années 1907-1908, ce tertre était au bord d'un lac, asséché à cette époque.

    Ci-dessous, la deuxième porte.

    Amphipolis : travaux de protection avant l'hiver

     

    Amphipolis : travaux de protection avant l'hiver

     

          Il n'est donc pas sûr que l'on en sache plus sur le tombeau avant la fin de la saison des fouilles : pillé ou non, plusieurs chambres on non, identité du ou des défunts. Dans son dernier communiqué, le ministre de la Culture et du Sport a déclaré que le tombeau n'avait probablement pas été pillé et que les amas de terre avaient été, volontairement, accumulé pour boucher l'entrée. Derrière la 3ème porte (qui donne sur la chambre funéraire ?), l'espace est empli de terre ou de sable : il a donc fallu mettre en place un contrepoids conséquent pour éviter que ce mur ou porte  ne s'effondre.  Il faut aussi faire des dérivations d'eau importantes autour du mur d'enceinte, afin qu'il soit vraiment hors d'eau. Et ce, sans compter, une fois que les équipes auront quitté les lieux, les problèmes de sécurité et de protection du site pour éloigner les "visiteurs" mal intentionnés...   

          Dans le vestibule sur lequel ouvre la 2ème porte (si j'ai bien compris !), un beau sol  dallé de morceaux de marbre irréguliers sur fond rouge a été mis au jour.

    Amphipolis : travaux de protection avant l'hiver

     

    Sources de ces informations : TA NEA, I Kathimerini et Eleftherotypia

    M.R.

     

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    Amphipolis : fouilles de longue durée

      

         Les fouilles se poursuivent  et se poursuivront très probablement jusque octobre : ensuite ce sera l'hiver, toujours rigoureux dans la Grèce du Nord et il faudra trouver le moyen de protéger le chantier et de prévenir les éboulements, car, maintenant qu'elle a été ouuerte, la tombe est beaucoup plus fragile.

         Les volumes importants de terre à dégager ralentissent de beaucoup le chantier et laissent penser que le tombeau a été violé à l'époque romaine. En effet, il n'y a jamais - jusqu'à présent, tout au moins - de terre à dégager dans les tombeaux intacts qui ont été mis au jour en Macédoine, dont le plus célèbre et le plus riche est celui de Philippe II, le père d'Alexandre le Grand. En outre, la porte qui donne sur la chambre funéraire (située à environ 6 mètres de l'entrée aux Sphinges) n'est pas intacte mais présente un trou de 50x50cm, de quoi laisser passer un individu mince et souple. Le pillage de tombeaux était une spécialité - ou un sport ! - romain : ce qui intéressait les pillards, c'était essentiellement l'or. Il est très possible aussi que la tombe ait été visitée par son sommet...

         La dernière rangée de blocs du mur qui obstruait la porte a été enlevée et laisse voir un sol de mosaïque, mosaïque faite avec des galets - βοτσαλωτό δάπεδο - aux motifs géométriques de rectangles, carrés et losanges, en noir et blanc. Elle continue de l'autre côté de la porte. Au bas de celle-ci, il y a une bande de couleur bleue, de même que sur les murs latéraux : protéger les couleurs sera aussi un enjeu de taille...

         Sources des informations : TA NEA, I Kathimerini Η Καθημερινη, Eleftherotipia Ελευθεροτυπία.

    A suivre !

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  •   Le mur de l'enceinte est de toute beauté !

    Source Kathimerini 22.08.2014

    Amphipolis : les fouilles continuent

      

     Le linteau  

     

    Amphipolis : les fouilles continuent

      

        La partie haute du mur bouchant l'entrée du tombeau (cf. photo dans l'article précédent) a été dégagée de la terre et des pierres qui l'obstruaient, à savoir des blocs de 250kg pour la plupart : les deux sphinges du linteau sont maintenant bien visibles. Telles quelles, elles ont 1m45 de hauteur : il leur manque têtes et ailes qui étaient des pièces rapportées ! Elles sont en marbre de Thasos : c'est un travail très soigné, fait au burin pour les détails du corps. Il y a des traces de peinture rouge sur leurs pattes. Dans la terre dégagée, on a trouvé des morceaux d'ailes de même qu'un morceau d'un dos du lion : cette dernière trouvaille vient confirmer que le lion, à l'origine, se trouvait au sommet du tertre, tel un gardien du lieu. Il paraît désormais assuré que les sphinges et le lion - lui aussi en marbre de Thasos - sont l'œuvre du même sculpteur.

        La petite partie dégagée de la porte laisse apercevoir un décor peint.  Cette porte d'entrée ne donne pas directement sur la chambre funéraire, mais sur un couloir, lequel doit mener vers la porte qui donne accès à la chambre, ou peut-être à plusieurs chambres. Vu la taille de la porte d'entrée, on peut penser que la chambre funéraire doit avoir à peu près les mêmes dimensions que celle de Philippe II à Vergina-Aegeai qui fait 4,46x4,46m.

      

    Amphipolis : les fouilles continuent

        

         La porte commence à être visible de même que les murs qui la jouxtent et qui présentent une décoration qui rappelle le mur d'enceinte. Il en est de même du côté intérieur de la porte qui commence à être dégagé lui aussi.

     

    Amphipolis : les fouilles continuent

     

         Au vu du bon état du mur protégeant la porte d'entrée, on peut penser que le tombeau n'a pas été pillé, et de toute façon, même s'il l'avait été, il doit y avoir encore beaucoup d'objets qui permettront d'en savoir plus. Il est peu probable que le tombeau soit au centre du tertre, ce qui aurait nécessité des travaux de soutènement colossaux : il doit être excentré et pas très éloigné de l'entrée.

      M.R.

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    Serait-ce le tombeau d'Alexandre Le Grand ?

    Le tertre Kasta à Amphipolis (région de Serres) est en cours d'exploration Photo : Kathimerini 15.08.2014.

     

        Amphipolis est une cité antique située au nord de la Chalcidique, près de l'embouchure du Strymon et au pied du Mont Pangée et de ses mines d'or... C'est dire qu'il s'agissait là d un emplacement stratégique et donc convoité ! Les Athéniens, soucieux de pouvoir contrôler les Détroits et d'assurer leur approvisionnement en blé, réussirent à s'y établir en 437 av. J.-C. Ce fut une de leurs possessions les plus importantes, mais aussi des plus récalcitrantes.

        Lors de la guerre contre Sparte, dite "guerre du Péloponnèse", la cité se rendit, sans résistance, au général spartiate Brasidas, en -423. Le stratège athénien, Thucydide, le futur historien de cet ouvrage majeur qu'est La guerre du Péloponnèse, ne réussit qu'à en sauver le port, Eïon, à la suite de quoi, accusé de trahison, il fut exilé. C'est au cours de ses 20 ans d'exil qu'il parcourut le monde grec pour récolter des témoignages sur ce conflit : autorisé à rentrer à Athènes, il y mourut vers 400-395, assassiné dit-on, et laissant son oeuvre inachevée.

       Par la suite, la cité fut annexée par Philippe de Macédoine, et les Romains en firent la capitale de l'une des quatre provinces de Macédoine.

        Le site, qui est très étendu, a commencé à être exploré vers 1920, mais les premières fouilles importantes eurent lieu à partir de 1960. Les recherches archéologiques sur le site de Kasta  commencées en 2009, se sont intensifiées à partir de 2012 où l'archéologue en charge de ce site Katerina Peristeri et l'architecte Dimitris Lazaridis se sont attaqué à ce qui est une tombe aux dimensions et à l'architecture exceptionnelles, voire uniques.

        Les fouilles ont en effet mis au jour un superbe mur d'enceinte d'une hauteur de 3 mètres et d'une circonférence parfaite de 498 m (sur la base de π 3,14 et non du π égyptien de 3;17). La construction, très soignée, est en marbre de l'île de Thasos (ou poros plaqué de marbre ?). Les derniers mètres de ce mur viennent d'être dégagés. Le mur ne présente pas l'aspect de ci-dessous sur toute sa longueur :  à l'époque romaine, des parties en ont été enlevées et probablement utilisées pour d'autres constructions.

     

     De qui est-ce le tombeau ?

      

        Tout aussi exceptionnelle est l'entrée du tombeau que l'équipe vient de découvrir, tout au moins le linteau de la porte d'entrée sur lequel deux sphinges en marbre (1,5 tonne chacune) se font face : les sphinges sont des êtres fantastiques de la mythologie grecque, à la tête et au buste de femme, et au corps de lion ailé. Les têtes sont manquantes, pour le moment du moins... C'est un monument absolument unique qui date de la fin du IVème siècle avant J.-C., entre 325-300.

         Il va de soi que, depuis ces derniers jours, ce lieu est sévèrement gardé par la police, et que personne n'y a accès, exception faite du Premier Ministre Samaras qui s'y est rendu  il y a une huitaine de jours, accompagné de journalistes, d'où ces quelques photos parues dans la presse. Un telle trouvaille est forcément  aussi un événement politique, en particulier quand cela a lieu en Macédoine et se rapporte à l'époque d'Alexandre Le Grand ou à l'immédiat après : Alexandre meurt en -323. En outre, cette découverte majeure dont la presse internationale  s'est fait l'écho vient flatter l'orgueil national qui en a pris des coups ces quatre dernières années... Et les politiques y vont allègrement de leur couplet.

      

    De qui est-ce le tombeau ?

      

           Selon les media, la tombe devrait révéler ses secrets dans 15-30 jours, mais les archéologues leur ont demandé de garder la mesure : si le temps médiatique est dans l'instant et le sensationnel, celui de l'archéologie est lent. Les travaux délicats de déblaiement et de déplacement des pierres afin de dégager ce premier accès à la porte du tombeau lui-même peuvent être longs, d'autant que tout doit être passé au crible et que,  de plus, faute de crédits, les archéologues ne disposent pas, par exemple,  de micro-caméras dernier cri...

        Espérons qu'un certain nombre d'éléments permettront de connaître l'identité de celui, celle ou ceux pour lesquels ce tombeau a été édifié, ne serait-ce que pour un mettre un terme aux rumeurs entretenues par ceux qui l'identifient déjà comme étant le tombeau d'Alexandre Le Grand...

          La tombe d'Alexandre Le Grand n'a  pas été localisée à ce jour, en dépit de toutes les recherches faites sur terre et en mer. On pense communément qu'elle est à Alexandrie.

          Alors ? La tombe de Kasta ne serait-elle pas celle de Roxane la Bactrienne,  3ème épouse d'Alexandre qui, après la mort de son époux, se retrouva  à la cour de Macédoine et mourut assassinée avec son fils Alexandre IV à Amphipolis en -310 ? Peu probable vu les circonstances qu'on lui fît de tels honneurs ! Quant à Alexandre  IV leur fils posthume qui était destiné à succéder à son père, (beaucoup de prétendants, d'où l'assassinat),  il doit reposer auprès de son grand-père Philippe à Aegeai, l'actuelle Vergina.  Evidemment, si on trouvait les restes d'un éphèbe ! Mais rien  ne dit que la tombe n'a pas été profanée et pillée à l'époque romaine...

           Alors  de qui ??? Restent les compagnons d'Alexandre, stratèges et navarques qui revinrent en Macédoine à partir de -320,  avec une grande fortune :  le tombeau  de Niarchos, le chef de l'expédition maritime, ou d'un autre dignitaire de cette expédition, ou de plusieurs ?

            Une certitude bien prouvée elle par les dernières fouilles, le monumental  Lion d'Amphipolis se dressait, tel un gardien funéraire, sur le sommet du tertre, et non à son emplacement actuel : ce sera l'objet d'un autre article...

        Petit clin d'œil aux neo-hellénistes avec l'extrait ci-dessous qui confirme ce que j'ai écrit plus haut sur l'emballement politico-médiatique : Kathimerini 19.08.2014 (photo idem)

        Η ταυτότητα του νεκρού που ετάφη σ’ αυτό το εντυπωσιακό μνημείο, μέχρι να εξακριβωθεί, έχει αφήσει τη φαντασία πολλών αχαλίνωτη. Πολλοί ιστορικοί και αρχαιολόγοι συγκλίνουν ότι ίσως κρύβει τον Νέαρχο από την Κρήτη, τον Λαομέδοντα ή τον Ανδροσθένη, τριήραρχος και καλός γεωγράφος. Η επίσκεψη του πρωθυπουργικού ζεύγους και γενικότερα η ιδιοσυγκρασία μας, πυροδότησε τις τελευταίες ημέρες τις υπερβολές. Από προσδοκίες εθνικού μεγαλείου μέχρι αμφιλεγόμενες πληροφορίες. Κάπου εδώ χρειαζόμαστε το μέτρο.

     

    Amphipolis : de qui est-ce le tombeau ?

    Curieusement, sauf erreur de ma part, la presse française n'a pas encore fait mention de cette découverte de poids.

    M.R.

     

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