• Archives Nationales Grecques : un document exceptionnel !

    100 χρόνια Γενικά Αρχεία του Κράτους, 500 χρόνια Ιστορία 

    100 ans d'Archives Générales de l'Etat et 500 ans d'histoire

        

         A l'occasion de son centenaire (1914-2014), le centre des Archives de l'Etat Grec organise une exposition qui recouvre l'histoire de la Grèce moderne, du XVIIème siècle au début du XXIème : des documents divers, rares (parchemins, objets, lettres, sceaux, manuicrits, plaques photographiques,  plans, bobines cinématographiques etc.) sont présentés dans le bâtiment de la Fondation Eugenidou (Syngrou 387) du 5 au 30 novembre 2014.

    Du XVIIème s. à la Guerre d'Indépendance qui commence en 1821

    1821-1911

    1821-1827 : les combats pour l'Indépendance

    1828-1932 : tentatives pour fonder un Etat moderne, sous le gouvernorat de Kapodistrias

    1833-1862 : le règne de Othon de Bavière

    1863-1911  : la modernisation de l'Etat Grec

    1912-2014  : un accent particulier est mis su les documents de cette période, présentés pour la 1ère fois.

    1912-1935 : la 1ère Guerre mondiale, la Grande Idée, l'accueil et l'installation des réfugiés d'Asie Mineure

    1936-1949 : la dictature de Metaxas, l'occupation allemande (et italienne et bulgare), la Résistance, la Guerre civile

    1950-1973 : présence très forte des souverains dans la politique du pays, la dictature des Colonels

    1974 et suivantes : le retour à la normalité politique.

     

    **************

    Un document exceptionnel, en langue allemande : Akropolis von Athen, Königsreich Griechenland

     

         La préparation de cette exposition a fait sortir des placards des documents connus, mais restés dans l'ombre, ou des documents inconnus à ce jour, restés enfermés dans leurs dossiers. C'est ainsi qu'a été trouvée une enveloppe gris vert, contenant 223 documents (1834-1842) relatant les réclamations et les démarches faites par le royaume de Grèce pour que soient rapatriés les sculptures emportées, ou plutôt volées, par l'équipe de Lord Elgin, sur les ordres de ce dernier. Dès 1830, les autorités grecques avaient protesté. Le retour des "marbres" n'est donc pas une "lubie" ou idée fixe de Melina Mercouri, comme on a pu le dire pour déconsidérer ses revendications. Les documents qui viennent d'être trouvés sont donc très importants pour appuyer aujourd'hui la demande de retour.

     

    Archives Nationales Grecques : un document exceptionnel !

    British Museum. Angle sud du Fronton Est du Parthénon : la naissance d'Athéna.

     

    Archives Nationales Grecques : un document exceptionnel !

    Angle Sud-Est : les sculptures sont des moulages

    Le saccage de l'Acropole par Elgin : 1800-1801 

         Elgin est nommé ambassadeur à Constantinople en 1800  : il ne fera lui-même qu'un très court séjour à Athènes - ce qui ne l'exonère en rien des destructions faites puisqu'il était le donneur d'ordres - ce sont ses agents et notamment le révérend aumônier Hunt qui font le travail, ce dernier soudoyant le disdar (gouverneur militaire) de la citadelle. A force de pression sur les autorités ottomanes à Constantinople, Elgin réussit à obtenir un firman (autorisation d'entrer dans la citadelle, de dresser des échafaudages, de dessiner, "liberté d'enlever toute sculpture ou inscription à condition que les ouvrages et murailles ne soient pas affectés") , document que l'on ne connaît que dans sa traduction italienne.

       Elgin avait-il le droit de scier et d'arracher du Parthénon et du temple d'Athéna Nikê les sculptures en place, d'enlever du portique de l'Erechteion une caryatide, d'emporter une colonne de la colonnade façade est ??? A l'aide de ses agents et de Hunt, il s'est livré à un saccage sans précédent.

        Ce sont quand même 200 caisses de sculptures antiques qui partirent pour l'Angleterre, dont certaines ont sombré au fond de la Méditerranée... Elles lui furent achetées par le British Museum en 1916.

        Byron qui séjourna à Athènes en 1810-11 fit éclater sa colère et sa honte dans un poème : La malédiction de Minerve. Pallas s'adresse au poète : "Alors que j'avais échappé aux ravages des turcs et des goths, il a fallu que ton pays envoyât ici un spoliateur qui les surpassât tous".

       Le roi Othon échoua dans ses démarches auprès du Parlement d'Angleterre. Il en était même venu à proposer un "marché" : que les sculptures du Parthénon reviennent à Athènes, en échange de quoi, la frise du temple d'Athéna Nikê pourrait rester à Londres. L'enveloppe trouvée dans les Archives royales permettra de suivre l'affaire des "Elginia", comme  disent les Grecs, et d'apporter des lumières nouvelles.

     

    Archives Nationales Grecques : un document exceptionnel !

    British Museum

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  • Commentaires

    1
    Fab
    Mardi 4 Novembre 2014 à 08:02

    Certaines caisses ont sombré au fond de la Méditerranée !!!!

    2
    Mardi 4 Novembre 2014 à 08:17

    On peut trouver, entre autres, les premières démarches faites par la Grèce indépendante pour la restitution des marbres emportés par Elgin, dans:

    Ioannis Gennadios, Lord Elgin et ceux qui firent avant lui des incursions archéologisantes à travers la Grèce et notamment à travers Athènes, 1440-1837. Traité historique et archéologique

    La section sur les démarches commence à la page 215 du livre imprimé = page 239 du fichier pdf.

    3
    philhellene
    Mardi 4 Novembre 2014 à 09:02

    Oui, Fabienne !

    Merci Thalétas pour cette précision. Cf aussi, pour l'histoire du Parthénon, de François Queyrel Le Parthénon, un monument dans l'Histoire, Ed. Bartillat 2008, ouvrage que j'ai déjà mentionné, il me semble. Queyrel s'attarde beaucoup sur les visites des Français, comme celle du Marquis de Nointel (juste avant l'explosion de 1687), puis sur le marquis de Choiseul-Gouffier et son peintre Fauvel.

    Bonne journée !

    4
    Mercredi 5 Novembre 2014 à 09:23

    Fab, si je ne me trompe pas, ces caisses ont été retirées du port de Cythère et ont continué leur voyage vers l'Angleterre sur un autre vaisseau (v. toujours le livre de Gennadios).

    Merci, philhellène. A propos du Marquis de Nointel, il y a un tableau de Jacques Carrey qui représente lui et sa suite à Athènes, avec au fond la ville et l'Acropole, exposé au Musée de l'Histoire de la ville d'Athènes en prêt permanent de la ville de...(Lille?)

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