• Eschyle traduit en breton...

    Eschyle traduit en breton...

     

          L'historienne Mona Ozouf (elle est née dans les Côtes d'Armor où elle a passé toute son enfance et son adolescence) s'est prise de passion pour l'Ecole des Filles de Huelgoat*, plus exactement pour ce que la galeriste Françoise Livinec a fait de cette Ecole des Filles  qu'elle a achetée en 2009, à savoir un centre d'art  contemporain (mais pas seulement) qui, de juin à septembre, propose des expositions  dans les anciennes salles de classe et anciens communs, ainsi que  de nombreuses conférences.

    *Huelgoat est une petite ville du centre Finistère célèbre pour sa forêt, ses légendes et ses rochers impressionnants : le Chaos, la Grotte du Diable, la roche Tremblante etc. Littérairement célèbre aussi, puisque c'est dans cette forêt, au bord du chaos, que le médecin de la Marine-poète-romancier-sinologue Victor Segalen  (1878-1919) se suicida, un exemplaire de Hamlet à la main... L'Ecole des Filles de Huelgoat, qui était aussi un internat, date de 1909-1910, symbole de la politique scolaire de la République qui pose ses jalons face aux écoles congréganistes majoritaires dans une Bretagne très catholique.

      C'est en avril 2014 que Mona Ozouf  a légué  à l'Ecole la bibliothèque de son père Yann Sohier "instituteur laïc partisan de l'enseignement en breton"*, un père qu'elle a peu connu puisqu'elle n'avait que 4 ans à sa mort. Elle a fait don non seulement du contenu, 200 livres, mais aussi du contenant, un beau meuble, à portes vitrées et aux entrelacs d'inspiration irlandaise, commandé par Yann Sohier à son ami sculpteur et ébéniste, Joseph Savina. 

    *  Association militante laïque Ar Falz et son bulletin mensuel dont Yann Sohier est l'administrateur.

       Au cours de l'été, Mona Ozouf a fait une conférence passionnante intitulée  "Retour sur une bibliothèque", racontant  comment elle s'en est nourrie, en toute liberté, sa mère lui ayant laissé libre accès à la "bibliothèque de ton père".

      Quelle surprise d'y voir un volume contenant Les Perses et le Prométhée enchaîné d'Esclyle traduits en langue bretonne !!!  

       Avant d'être éditées en un seul volume, ces deux traductions faites par  Youenn Drezen  parurent dans la revue Gwalarm (166 numéros de 1925 à mai 1944).

    "L'un des buts de Gwalarn était d'offrir aux Bretons, dans leur langue, les chefs-d'oeuvre du monde. Drezen choisit, pour commencer, de traduire en breton deux des pièces de théâtre d'Eschyle : "Prométhée enchaîné" et "Les Perses". Roparz Hemon en fit, en 1928, une très belle édition, agrémentée de bois gravés de R-Y. Creston et Jorj Robin."

    Prométhée, le voleur de feu

    Eschyle traduit en breton...

     

    Combat naval de Salamine (-480) : la flotte perse de Xerxès fut décimée

    Eschyle traduit en breton...

    Le noir des dessins se détache sur un fond très blanc...

     

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    Ar Bersed / Les Perses vers 1 - vers 5 Traduction : Mazon Ed. Budé

    Kor ar gozhidi / le coryphée

    E-touez ar Bersed digêried hiviz douar Hellaz, setu ar re a anver an gozhidi diwallerien ar, diwallerien ar palez oinvidik-man barr gant an aour; Gant an Aotrou Serses e-unan, roue ganet a Zareios, int bet dilabet en abg d'ogouenn uhel, evit lakaat evezhwar ar Berc'henniezh.

    Voici ceux que parmi les Perses, aujourd'hui partis pour la terre de Grèce, on nomme les Fidèles, gardiens de ce palais d'opulence et d'or, qu'à raison de leur rang notre sire Xerxès, roi né de Darios, a lui-même choisis pour veiller sur sa terre.

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