• Jimmy le tigre / Τζίμης ο τίγρης

         Jimmy le tigre est un court métrage (12') de Pandélis Voulgaris,

    la première fiction du cinéma grec (1966) dont l'intrigue repose sur la rencontre

    d'une jeune étrangère, une journaliste allemande (Marie-Lise Preisler)

    et d'un "autochtone" (Spyros Kalogyrou)

        Pour comprendre et apprécier ce petit film, point n'est besoin de comprendre ni l'allemand ni le grec !

         Une de ces improbables rencontres qui pourtant se produisent ! Brève éclaircie dans le quotidien de cet  "homme du peuple" qui gagne sa vie en faisant des tours de force au centre d'Athènes. Et qu'il est brutal le retour à la réalité qui lui est signifié par la police et le beau-frère, gardien de l'honneur familial.

     

         L'indic aux lunettes est joué par Theo Angelopoulos.

        

        Pandélis Voulgaris / Παντέλης Βούλγαρης né en 1940, est de la même génération que Theo Angelopoulos (1935-2012), tous deux initiateurs avec quelques autres, Nikos Panayatopoulos, Tonia Marketaki de ce qu'ils appelèrent : le Nouveau Cinéma Grec, mais aucun d'entre eux n'a eu et n'a la notoriété d'Angelopoulos, en France tout au moins, et ce fort injustement... Encore une fois l'indifférence pour la culture grecque contemporaine...

        En 1995, le festival international du cinéma de La Rochelle avait proposé une rétrospective de l'œuvre de Voulgaris, qui, depuis, a réalisé d'autres films que l'on a guère vus programmés dans les salles françaises.

    Extrait de la présentation (Giorgos Vramos et Michel Démopoulos)
        
    "Contrairement à ses confrères qui firent des études à Paris, l’éducation cinématographique de Voulgaris se constitue au contact de la production commerciale dominante. Après son passage par l’école de cinéma de Stavrakos, il travaille comme assistant sur de nombreux films.
         D
    ès ses premiers court-métrages, Le Voleur (1965) et Jimmy le tigre (1966), il se démarque des exigences thématiques et esthétiques de la production standardisée. Ayant recours à un style sobre et direct où il met à profit les enseignements du cinéma-vérité et du néo-réalisme italien, Voulgaris raconte des histoires de pauvres diables et se penche sur une humanité modeste et en pleine mutation.

        Son premier long-métrage, Les Fiançailles d’Anna , est réalisé en 1972, en pleine dictature. C’est le portrait bouleversant de la servante d’une famille petite-bourgeoise athénienne, dont on décide un beau jour de célébrer les fiançailles sans même lui demander son avis et, le même jour, de les rompre sans non plus le lui demander alors que... Elle subit, muette et soumise, les effets d’une oppression sociale, feutrée mais radicale. 

        Après le renversement de Papadopoulos et les événements de l’École Polytechnique (novembre 1973), le général Ioannidés inaugure une nouvel ère de répression. Pandelis Voulgaris est déporté pendant plus de six mois sur une île pelée de l’Égée, Yaros.

       Il réalise en 1976 son œuvre majeure Happy Day, basé sur le roman d’Andréas Frangias, L'épidémie, qui retrace la vie des détenus politiques sur l’île de Makronissos, peu après la guerre civile grecque. Premier film de fiction, tourné en Grèce, à traiter le thème des camps de concentration - ces îles du martyre où le pouvoir internait les dissidents idéologiques - Happy Day souleva au moment de sa sortie une vaste polémique. La gauche traditionnelle, soucieuse de préserver la mythologie héroïque de ces “sanctuaires” pour lesquels elle avait payé un lourd tribu en sang, déclara le film irrecevable, méconnaissant profondément l’abstraction poétique et l’ironie sous-jacente de cette allégorie atypique sur l’univers concentrationnaire.

         En 1985, Les Années de pierre. Le film suit le parcours d’un couple de militants de gauche depuis l’époque de l’après guerre civile jusqu’à la chute de la dictature, années de prison, d’exil et de déportation, entrecoupées de courts intervalles de vie commune. Confronté une nouvelle fois à l’Histoire, Voulgaris l’humaniste choisit la voie du mélodrame politique mais sans le sentimentalisme inhérent au genre. Son regard tendre et plein d’émotion s’attache surtout à la petite histoire de ses personnages.

        Moins styliste qu'Angelopoulos, Pandelis Voulgaris est sans aucun doute l’un des cinéastes grecs les plus attachés à la réalité de son pays, celle d’aujourd’hui comme celle d’hier, il est aussi celui qui est le plus sensible aux mœurs du petit monde qu’il connaît et qu’il aime."

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  • Commentaires

    1
    pen-ar-bed
    Lundi 4 Juillet 2016 à 11:36

    Merci pour ce joli court-métrage

      • Lundi 4 Juillet 2016 à 11:47

        Il est vraiment "chouette" !

    2
    Hellada
    Lundi 4 Juillet 2016 à 22:40
    Merci beaucoup c est un bijou !
      • Mercredi 6 Juillet 2016 à 21:07

        Mine de rien, il dit beaucoup de choses ce court métrage

    3
    Fab
    Samedi 9 Juillet 2016 à 18:40

    Merci Madeleine pour tous ces petits bijoux que tu nous dégottes!!!!

    dis donc,on plaisantait pas å l'époque!!!!!

      • Samedi 9 Juillet 2016 à 21:28

        Non, pas du tout ! L'honneur, l'honneur ! Il est très touchant le "tigre" ! Et le court métrage magistralement mené.

    4
    Marc
    Dimanche 10 Juillet 2016 à 03:03

    Le flic le menace quand même de cinq mois de prison. 

      • Dimanche 10 Juillet 2016 à 08:48

        Oui ! Il est accusé d'avoir entraîné la jeune journaliste pour la voler comme dans le film précédent Κορίτσια στον ήλιο Comment le flic pourrait-il comprendre qu'il s'agit là d'une rencontre "innocente" et hors schémas ?

    5
    Mercredi 4 Octobre à 07:59

    The traditional left, sought to preserve the heroic mythology, for which she paid a high price in the blood, which were deemed unacceptable by the film.

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