• Mines antiques du Laurion (1)

        La commémoration des 150 ans de Lavrio s'est ouverte à la mi-janvier 2015 par la présentation  de la réédition de la traduction en grec par Aristide Kanatouris de l'ouvrage d'Andréas Kordellas, LE LAURIUM (appellation de l'époque) écrit en français et publié à Marseille en 1869. Le français était alors langue de culture et langue scientifique... ce qui peut expliquer en partie que cette étude n'ait pas été traduite en grec dans l'immédiat, ni plus tard.

         Aristide Kanatouris, parfait francophone, s'est attelé à cette tâche de rendre accessible cet ouvrage important et il en a publié une traduction en 1992. Ce livre étant désormais épuisé, il s'est décidé à revoir l'édition précédente et à la compléter en l'agrémentant d'un appareil critique plus fourni qui prend en compte d'autres textes de Kordellas : notes, lettres et autres.

        Andreas Kordellas (1836 - 1909), né à Smyrne, a fait des études de minéralogie en Allemagne. En 1860 il vient en Grèce et se met au service du nouvel Etat Grec pour l'aider à trouver les voies d'un développement industriel moderne et performant, disons "européen", ce qui n'avait jamais été une préoccupation des Sultans Ottomans. Dans ce livre, Kordellas se propose de "faire l'historique des travaux anciens exécutés dans le Laurium, de décrire la constitution géologique", d'examiner quelle en est la "richesse exploitable", et, implicitement, d'y intéresser des investisseurs.

        Il sera souvent question de Kordellas, d'où ce préambule, qui est aussi l'occasion d'adresser au traducteur un témoignage d'amitié.

    Le texte de Kordellas, en français donc, est accessible :  Kordellas Gallica.BNF

     

       Etymologiquement, Laurion (ou à la latine Laurium)

    signifie conduit étroit, corridor et désigne la région minière qui s’étend à la pointe sud-Est de l’Attique, jusqu’au cap Sounion (Sounio en grec démotique), sur une longueur de 20 km et une superficie de 210 km2.

     

    Il y a 150 ans... Mines antiques du Laurion

    Carte du Laurion antique, Vème siècle av. J.-C. Charles Daremberg, Edmond Saglio Dictionnaire des antiquités grecques et romaines,  1877-1914

          Le sous-sol est constitué d’une alternance de couches de marbres et de schistes : les gisements métallifères  se trouvent aux plans de contact de ces couches. Dans l’Antiquité, les minerais de plomb argentifère (galène et cérusite) étaient les plus recherchés de tous. L'obtention des deux métaux nécessite deux opérations métallurgiques : une premier passage au four à fusion permet d'obtenir ce que l'on appelle le "plomb d'œuvre", et un second est nécessaire pour séparer l'argent contenu dans ce plomb, opérations qui supposent une technique maîtrisée. Il faut aussi du combustible ! Ce sera le charbon de bois, fabriqué sur place ou importé, ou fabriqué avec du bois importé. Nous sommes peu renseignés sur cette activité, mais elle était certainement importante : sans combustible, pas de métallurgie... Nécessité aussi d'un réseau de routes...

     

    *************

           Le site de Thorikos, idéalement situé dans une baie abritée au mouillage aisé, est le premier à avoir été exploité : dans cette région, en effet, les gisements affleurent. Le chantier  d'extraction le plus ancien aurait été ouvert vers 3.000 av. J-C. mais c'est à partir de -1500 que l'activité devient plus importante. Les minerais étaient traités et transformés sur place en plomb. et en argent, comme en témoignent les installations et les résidus trouvés. 

           Au VIIème siècle av. J.-C. Thorikos est un centre industriel et urbain important. La cité dispose même d'un théâtre construit probablement au  VIème s. C'est le plus ancien des théâtres grecs en pierre, remarquable aussi pour sa forme elliptique qui adopte le relief de la colline : les gradins ont été  taillés à même la roche. D'abord modeste, il sera rehaussé par la suite et sa capacité sera de 5000 spectateurs.

     

    Il y a 150 ans... Mines antiques du Laurion

     

    Il y a 150 ans... Mines antiques du Laurion

     La restauration de ce théâtre  est un projet...

    Il y a 150 ans... Mines antiques du Laurion

    Au fond, l'île de Makronissos, de sinistre mémoire...

         Les filons de surface épuisés, il faut, pour les suivre, creuser des galeries, explorer le terrain et l'activité va se déplacer vers le sud.

       (A suivre)

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  • Commentaires

    1
    Myrtho
    Vendredi 29 Mai 2015 à 11:23

    Si j'en crois la carte, Makronissos s'appelait L'île d'Hélène dans l'antiquité? Ce nom ne la prédisposait pas à devenir un camp de concentration...

    Marie-Joëlle

    2
    philhellene
    Vendredi 29 Mai 2015 à 17:30

    Effectivement, non !!! Je n'ai pas en tête à partir de quand, on l'a apelée "île longue".

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