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    La Victoire de Samothrace

       

        Depuis le début juillet, la Victoire de Samothrace est de retour en haut de l'escalier Daru (accès par la porte Denon) : elle n'avait pas été restaurée depuis 1884, date de sa présentation en ce lieu et avait bien besoin d'être débarrassée de la grisaille du temps.

       Elle nous apparaît maintenant dans toute sa splendeur : qu'il est saisissant en effet le contraste entre le marbre blanc de Paros dans lequel la Victoire a été sculptée et le marbre rhodien gris veiné (Lardos)  de la proue du navire sur laquelle la déesse ailée est dressée, ou plus exactement sur laquelle Nikê, la messagère de la victoire vient se poser, dans un mouvement aérodynamique époustouflant, les vêtements collés au corps par le vent, emportés vers l'arrière mais également retroussés sur le côté gauche, laissant voir le sein et la jambe !

     

     La Victoire de Samothrace 

     Photos M.R. Août 2014

        Cet ensemble se trouvait dans le sanctuaire de Samothrace (nord de la mer Egée face à Alexandroupoli) où était célébré le culte des Grands Dieux et où se tenaient les cérémonies des Mystères. L’ensemble, situé en hauteur se reflétait dans un bassin. Nous n’avons aucun document antique sur ce monument dont on pênse communément qu’il commémore une victoire navale remportée par Rhodes à la charnière du 2ème siècle avant Jésus-Christ..

    En 1863, Charles Champoiseau, vice-consul à Andrinople (Turquie d’Europe, auj. Edirne) entreprit de  fouiller ce site et en avril de la même année il découvrit l'ensemble, en morceaux.

    Détails (historique de l'envoi à Paris et des différentes restaurations, y compris celle de 2014) sur le site (excellent) du Louvre qui lui est consacré.

    http://www.louvresamothrace.fr/fr/#/presentationoeuvre

    Ce type d'ensemble se trouve sur des monnaies, en particulier celles frappées par Démétrios Poliorcète.

     

    La Victoire de Samothrace

    Tetradrachme en argent (301-292 avt J.-C.), Cabinet des Médailles BNF.

     

    A ma connaissance, il n'y a pas d'autres monuments similaires, à l'exception de l'ensemble fort peu connu (et encore moins vu) que celui qui se trouve sur l'Agora de l'antique Cyrène* en Libye. Cette Victoire est en tous points semblables à cette de Samothrace : taille, composition, proue de navire de guerre, et même position en mouvement de la Nikê, privée celle-ci aussi de sa tête et de ses bras... Seule différence : un dauphin de chaque côté de la proue accompagne le navire. Espérons que cette Victoire (comme l'ensemble de ce site exceptionnel) échappera au chaos qui règne aujourd'hui en Libye...

     

    La Victoire de Samothrace

     Photo M.R. Mars 2005...


        *La Cyrénaïque se trouve à l'est de la Libye et commence là où s'achève le rivage désertique de Syrte. C'est un promontoire au relief accidenté : on dirait qu'il s'est détaché du Sud de la Crète dont il a toutes les caractéristiques (climat, végétation). C'est une région fertile qui contraste donc avec le désert libyen, tout proche. Cyrène a été fondée en 631 av J.-C. par un petit groupe de colons venus de Théra (Santorin) : Cyrène connaîtra un développement économique et culturel exceptionnel, et ce jusqu'au tremblement de terre de 365 de notre ère.

     

     

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  • Paru dans lr quotidien Ελευθεροτυπία / Presse libre du samedi 2 août 2014

    Kostas Koufogiorgos / Κώστας Κουφογιώργος

    Le monde, comme il ne va pas...

    L'homme : Que fait le monde civilisé pour Gaza, l'Ukraine, la Syrie et la Libye qui brûlent ?

    La femme : Il rôtit au soleil pour montrer qu'il est à leurs côtés.

    M.R.

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    Avec un peu de retard...

    Le 24 juillet est la date officielle de la célébration de la chute de la dictature des colonels en juillet 1974. *

    Pour commémorer le "retour à la normale", ce que les Grecs appellent Μεταπολίτευση / Metqpolitefsi, un concert a été organisé sur la Pnyx, là où, dans l'Athènes antique, se tenait l'assemblée du peuple / εκκλησία / ekklisia **. La colline où  se trouve la Pnyx fait face au côté Ouest de l'Acropole (Propylées) et surplombe l'Agora antique (place publique et centre politique). 

    C'était la 1ère fois depuis la fermeture brutale d'ERT (radio et TV nationales) en juin 2013 que se produisait l'Orchestre du nouvel organisme de l'audiovisuel NERIT. Au programme : des œuvres de Villa-Lobos,  Piazzola, Shostakovitch, Khatchaturian  et du compositeur grec Skalkotas, sous la direction de Dimitris Borinis. Le premier ministre Samars y assistait.

     

    24 juillet 2014 : il y a 40 ans...

    Photo NERIT

    * Chute des colonels

    Il y a bien une opposition interne  à la junte des colonels (cf. la révolte des étudiants de l'école Polytechnique d'Athènes en novembre 1973), mais elle n'est pas suffisamment structurée et unie, pour pouvoir faire tomber le régime, soutenu - il ne faut pas l'oublier - par la CIA... Ce sont les erreurs de la junte qui causeront sa perte, et précisément ses initiatives intempestives dans la question chypriote.

    Pour la Turquie, les USA et la Grèce des colonels, l'archevêque-ethnarque  Makarios est l'homme à abattre : la 1ère veut la partition de l'île, les seconds veulent se débarrasser d'un ennemi potentiel d'Israël, qui fraye avec les non-alignés et les communistes chypriotes, et la 3ème veut le rattachement de l'île à la Grèce et donc éliminer Makarios, ce que les colonels ont essayé de faire, à plusieurs reprises, sans succès... Un nouveau plan est mis en place en juillet  1974 : assassiner Makarios et proclamer le rattachement. Nouvel échec : les colonels sont priés de "dégager", et le 24 juillet, à l'instigation des conservateurs grecs, du Royaume-Uni et des USA, Caramanlis (qui était à Paris depuis 1963) fait un retour triomphal à Athènes, dans l'avion de Giscard.

    La grande victorieuse de cette affaire sera la Turquie (opération Attila et Attila II) qui profite de la situation pour débarquer à Chypre, imposer en quelques jours la partition et se livrer vite fait au "nettoyage ethnique" de la partie envahie. Les USA ne bougent pas, et quand l'ONU condamne, tout est fini... Il n'y aura de retour en arrière : Nicosie est toujours coupée en deux, et la question chypriote est toujours pendante...

    Pour en savoir plus : La Grèce depuis 1940 de Joëlle Dalègre Ed. L'Harmattan 2006, et dans le Dictionnaire insolite, les articles : Chypre, Colonels, Metapolitefsi

     

    ** ekklisia/ εκκλησία :

    ce terme est formé sur le radical du verbe qui signifie appeler, faire venir par convocation. Chez Homère, c'est l'assemblée des guerriers, et dans l'Athènes démocratique, l'assemblée des citoyens, puis, postérieurement l'assemblée de fidèles et le lieu de cette assemblée, d'où : église, ecclésiastique qui est le décalque du grec.

    M.R.

     

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  • Suite à une mauvaise manipulation, l'article présentant le Dictionnaire insolite de la Grèce a été supprimé.

     

    Lecture pour l'été

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  •      Καλωσορίσατε ! Bienvenue !

     

        Bienvenue sur Grèce à l'Ouest, blog amoureux de la Grèce, de toute la Grèce : de l'Antiquité à aujourd'hui et vice-versa, dans tous les sens et passionnément !

         Vous y trouverez un peu de tout : des articles sur l'actualité culturelle, sociale et politique, des idées de lecture, de l'étymologie, du cinéma, de la musique, de la cuisine etc. etc., au hasard des lectures, des découvertes, des rencontres faites ici, ou là-bas, ou ailleurs ! Vos suggestions seront les bienvenues !

     

    Temple de Poséidon au cap Sounion au coucher du soleil (Photo M.R.)

     

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