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Nantes, Château des Ducs de Bretagne

     "Le 24 juillet 1923, le traité de Lausanne* est signé, mettant fin au conflit entre les Grecs et les Turcs, commencé en 1919. Considéré comme le dernier traité de paix de la Première Guerre mondiale, ce texte est jugé par certains comme le seul garant d’une paix durable entre la Grèce et la Turquie, par d’autres comme une violation des Droits de l’Homme. En effet, le traité impose l’échange de populations civiles et définit les termes de cette migration forcée des deux côtés de la mer Égée.

    1 300 000 Grecs ottomans** et 400 000 musulmans vivant en Grèce, de quelque nationalité qu’ils soient, sont contraints au départ, laissant derrière eux tous leurs biens.

    Au moment de l’exil, les Grecs d’Asie Mineure emportent leurs icônes ou celles présentes dans les églises. Objets de culte, précieux, sacrés, protecteurs, les icônes établissent le lien entre l’ancienne et la nouvelle patrie, entre l’ancienne et la nouvelle vie. Aujourd’hui, certaines témoignent en France d’une migration dont l’origine s’étend au delà des frontières de la Grèce. Elles ont toutes une histoire.

    L’exposition présentée au musée d’histoire de Nantes, en partenariat avec le Musée Byzantin et Chrétien d’Athènes, est l’occasion de découvrir les pièces exceptionnelles de l’exposition Trésors de réfugiés, présentée en 2009 à Athènes, et une sélection d’objets conservés en France qui est dévoilée pour la première fois.

(Texte de présentation du Musée de Nantes)

Dossier de presse : ici

* Le traité prévoyait que les populations déplacées emporteraient les "trésors" de la communauté, ou ce qu'il en restait, puisque Smyrne avait été ravagée par l'incendie de septembre 1922...
 **En 1918, la Grèce compte 4.500.000 habitants... Il n'est donc pas étonnant que tant de Grecs aujourd'hui aient dans leur ascendance, qui un grand-père, qui une arrière grand-mère, qui un grand-oncle originaire d'Asie Mineure, du Pont (côte sud de la Mer Noire) ou de Thrace orientale...

 

Nantes, Château des Ducs de Bretagne

 

     Le jeune Epaminondas Remoundakis est "exilé" à Athènes en 1926 : il a 12 ans. Il arrive au Pirée après un voyage interminable et avec son mentor, il prend l'electriko (le métro). " On est descendus à la station de la rue Athinas (Omonia); Les porteurs, hamals comme onles appelait alors, étaient partout. De pauvres bougres luttant pour  survivre s'empressaient autour des voyageurs [...]. Par milliers, les Grecs d'Asie Mineure s'étaient installés autour d'Athènes et du Pirée, vivant dans des baraques en bois, sous un toit de tôle ou de papier goudronné. Conscients d'avoir échappé au couteau du Turc, ils trouvaient une sorte de sécurité dans ces horribles baraques, acceptant les pires travaux tandis que leurs gamins jouaient dans la boue des rues, avec sur le visage cette fine pâleur de la privation et ces yeux qui ne pétillaient plus."

     Ces événements tragiques ne peuvent que renvoyer à aujourd'hui, à la tourmente dans laquelle des milliers et des milliers  d'individus et de familles sont jetés sur les routes, victimes d'événements qu'ils n'ont point provoqués, victimes des intérêts géo-économico-stratégiques des puissants de l'heure.

 

 

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P
Merci pour cette info qui donne envie d'aller la voir à Nantes
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