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Six - une encore : "Dans la froide salle du musée"

British museum (marbres d'Elgin)

Dans la froide salle du musée

je regarde celle qui a été volée, la belle

et esseulée Caryatide.

Son doux regard sombre,

avec insistance, est tourné

vers le corps resplendissant de Dionysos

(sculpté dans une pose voluptueuse)

qui n'est qu' à deux pas.

Son regard à lui est tombé

sur la puissante cambrure de la Caryatide.

Une idylle de longue date, je le pressens,

les unit ces deux-là.

Et, quand le soir la salle s’est vidée

de la foule bruyante des visiteurs,

j’imagine que Dionysos

quitte discrètement sa place

pour ne pas éveiller les soupçons

des sculptures et statues voisines,

qu’il se glisse, tout frémissant

et, la retenue de la Caryatide

il la fléchit avec du vin et des caresses.

 

Mais il se peut que je me trompe.

Autre chose peut-être les lie

de plus fort de plus douloureux.

Les soirs d’hiver

et les exquises nuits d’août,

je les vois descendre de leurs socles,

rejetant l’expression convenue du jour,

et avec des soupirs et des larmes de nostalgie,

les Parthénons et Erechteions dont ils ont été privés

je les vois les ériger dans leur mémoire avec ferveur.

 

 

Dans  la froide salle du musée    Dans  la froide salle du musée

 

 Βρετανικό μουσείο (Ελγίνου μάρμαρα    

Στην ψυχρή του Μουσείου αίθουσα
την κλεμμένη, ωραία, κοιτώ
μοναχή Καρυάτιδα.
Το σκοτεινό γλυκύ της βλέμμα
επίμονα εστραμμένο έχει
στο σφριγηλό του Διονύσου σώμα
(σε στάση ηδυπαθείας σμιλευμένο)
που δυό βήματα μόνον απέχει.
Το βλέμμα το δικό του έχει πέσει
στη δυνατή τής κόρης μέση.
Πολυετές ειδύλλιον υποπτεύομαι
τους δυό αυτούς να 'χει ενώσει.
Κι έτσι, όταν το βράδυ η αίθουσα αδειάζει
απ' τους πολλούς, τους θορυβώδεις επισκέπτες,
τον Διόνυσο φαντάζομαι
προσεκτικά απ' τη θέση του να εγείρεται
των διπλανών γλυπτών και αγαλμάτων
την υποψία μην κινήσει,
κι όλος παλμό να σύρεται
τη συστολή της Καρυάτιδας
με οίνον και με χάδια να λυγίσει.

Δεν αποκλείεται όμως έξω να 'χω πέσει.
Μιαν άλλη σχέση ίσως να τους δένει
πιο δυνατή, πιο πονεμένη:
Τις χειμωνιάτικες βραδιές
και τις εξαίσιες του Αυγούστου νύχτες
τους βλέπω,
απ' τα ψηλά να κατεβαίνουν βάθρα τους,
της μέρας αποβάλλοντας το τυπικό τους ύφος,
με νοσταλγίας στεναγμούς και δάκρυα
τους Παρθενώνες και τα Ερεχθεία που στερήθηκαν
στη μνήμη τους με πάθος ν' ανεγείρουν. 

*****************

Lecture du poème par Kiki Dimoula

 

 Pour en savoir plus :

- Aux éditions Arfuyen : Présentation de K. Dimoula

- Du peu du monde et autres poèmes, choix, traduction et présentation de Martine Plateau-Zygounas, Paris, La Différence, « Orphée », 1995

- Mon dernier corps, choix de poèmes, présentation et traduction de Michel Volkovitch, Paris, Desmos, « Cahiers grecs », 1995

_ Anthologie de Kiki Dimoula, introduction, choix et traduction d’Eurydice Trichon-Milsani, Paris, L’Harmattan, 2007

- Le peu du monde Editions Poésie/Gallimard

 

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M
grand poème jamais !! Combien de temps avez-vous écrit ce poème? 
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F
...et c'est en plus très agréable d'écouter la poétesse lire ses vers elle-même !<br /> Αχ αχ αχ Madeleine!!!! On passerait la journée sur ton blog!!!!
Répondre
J
MAGNIFIQUE.<br /> Merci de nous dévoiler tant de richesse que je vais de suite partager avec mes amis qui seront autant séduits que je le suis dans leur âme. <br />   ΕΥΧΑΡΙΣΤΏ ΠΑΡΆ ΠΟΛΎ ΧΑΡΆ ΣΕ ΌΛΟΥΣ  (;)
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